Vendredi 30.10.2009 - La Voix du Nord
Papeterie Stora Enso Corbehem : la cour d'appel de Douai confirme les licenciements "abusifs"
Corbehem : licenciements abusifs confirmés chez Stora Enso
Le bras de fer entre le papetier Stora Enso et quatre-vingts ex-salariés,
mis à la porte de l'usine de Corbehem, près d'Arras, fin 2006, tourne à l'avantage de ces derniers.
La cour d'appel de Douai a confirmé la requalification de leur licenciement, « sans cause réelle et sérieuse
Après le plan de restructuration de l'usine, qui avait causé fin 2006 la perte de 400 emplois,
environ quatre-vingts salariés débarqués avaient décidé d'attaquer Stora Enso en justice.
Vendredi matin, la cour d'appel de Douai a confirmé le caractère "abusif" du licenciement
de quatre-vingts ex-papetiers de Stora Enso Corbehem, entre Arras et Douai.
Trois ans presque jour pour jour après la réception de leur lettre de licenciement,
les larmes ont séché.
À l'automne 2007, près de quatre-vingts ex-papetiers de Stora Enso avaient contesté
devant le conseil des prud'hommes d'Arras la validité de leur licenciement,
estimant le caractère économique injustifié.
Ils avaient remis en cause le motif économique de leur licenciement.
En premier ressort, le conseil des prud'hommes d'Arras leur avait donné raison,
requalifiant les licenciements "sans cause réelle et sérieuse".
Du coup, Stora Enso avait été condamné à leur verser des indemnités allant de 20.000 à 190.000 euros
selon l'ancienneté et le poste occupé des demandeurs.
Ils avaient obtenu gain de cause en premier ressort, leur ex-employeur étant condamné
à verser des indemnités allant de 20 000 à 190 000 E.
Une décision confirmée en appel, hier.
Philippe, un des ex-Stora qui a, depuis, créé son entreprise,
s'est déplacé au palais de justice pour entendre la nouvelle.
« Je m'y étais préparé. Ça me tracassait », livre ce grand gaillard,
qui retient une chose : « Les licenciements sont jugés abusifs. »
Dans la mesure où les arrêts n'ont pas été communiqués par écrit,
chaque partie se donne du temps pour analyser la situation.
D'ici quelques jours, Me Lamoril, qui défend Stora Enso,
fera savoir si un pourvoi en cassation est envisagé.
La décision a été confirmée en appel.
Les deux parties ont souhaité prendre du temps pour analyser la situation, dans la mesure
où les arrêts n'ont pas encore été communiqués par écrit, comme le veut la procédure.
En fonction de ces éléments, Stora Enso fera savoir par la voix de son avocat, Me Lamoril,
si un pourvoi en cassation est envisagé.
"C'est une belle victoire des salariés déterminés qui veulent aller jusqu'au bout,
qui ne se sont pas laissé impressionner par la taille de ce groupe multinational.
Les irrégularités étaient nombreuses" a estimé Me Rilov, un des avocats des salariés.